Évaluation de la qualité des fins de traitements en Orthopédie Dento-Faciale : Enquête interrégionale 2004

Objectifs :
Cette étude interrégionale se proposait de mesurer le taux de traitements d’orthopédie dento-faciale terminés avec ou sans contention, et présentant des critères de non-qualité* définis dans un référentiel spécifiquement élaboré. Elle visait également à étudier l’état bucco-dentaire des patients après traitement et à analyser certains facteurs liés à ces patients.

Méthode
Le référentiel médical utilisé a été construit à partir d’une revue de la littérature. Il comportait quinze critères de non-qualité* parmi lesquels six ont été sélectionnés et considérés comme majeurs. La présence d’au moins un de ces critères majeurs définissait un traitement de qualité insuffisante au sens de l’étude.
Cette enquête transversale a été réalisée à partir d’un sondage stratifié sur les populations orthodontiques des six régions participantes. Cette sélection a permis en 2003, l’examen par des chirurgiens-dentistes conseils enquêteurs, de 2132 patients après traitements d’ODF.

Résultats :
Une prise en charge pour contention avait été proposée pour 85,0% des patients. Les traitements d’ODF duraient en moyenne trois ans avec une prise en charge moyenne de 4,5 semestres. Cette durée et le nombre de semestres pris en charge dépendaient de l’âge en début de traitement ; plus un traitement débutait tôt, plus sa durée et le nombre de semestres pris en charge augmentaient.
Le taux interrégional de non-qualité* des traitements d’ODF terminés était de 31,7 % (± 1,9) et dans plus de 40 % de ces cas, on observait la présence de deux à quatre des critères majeurs du référentiel. Ce taux était plus élevé chez les patients les plus âgés en fin de traitement, chez ceux dont la durée moyenne de traitement était la plus longue ainsi que chez ceux dont le nombre de semestres accordés était le plus important. Celui-ci dépendait également de la technique utilisée pour le traitement des pathologies.
Ainsi, les traitements avec extractions présentaient un taux de non-qualité* supérieur (41,1%) à ceux sans extraction (27,6%). Le taux de non-qualité* était plus élevé (39,0%) chez les patients n’ayant pas présenté de demande de contention que chez ceux avec contention (30,5%).
Des critères complémentaires du référentiel ont également été analysés. Cette analyse indiquait que plus d’un patient sur neuf présentait une non-concordance des milieux * incisifs et que chez près d’un patient sur quatre, on retrouvait des critères liés à la cinématique mandibulaire.
Enfin, il a été observé une bonne hygiène bucco-dentaire chez 82 % des enfants, parmi lesquels le taux de non-qualité* s’établissait à 29,5 %. Lorsque l’hygiène était insuffisante, ce taux de non-qualité s’élevait à 41,3%.

Conclusion :
Il a été mis en évidence que près d’un tiers des traitements terminés sont de qualité insuffisante. Ceci doit nécessairement attirer l’attention à la fois, sur les conséquences iatrogènes engendrées par certaines dysmorphies résiduelles et sur la justification de leurs coûts pour la société. Une large diffusion des résultats et une promotion du référentiel apparaissent donc indispensables.