Prix 2008. Justine Grandchamp. Disparités socio-spatiales en santé orale sur Vientiane, capitale de la RDPL

Contrairement à ce que l’on retrouve depuis plus de 30 ans dans les pays industrialisés les pays en développement (PED) connaissent une augmentation de la prévalence des maladies carieuses (Dienhelt DE et al., 2001). Les gouvernements ne se penchent pourtant que très peu sur les problèmes de santé orale. Au niveau du système de soin et de la prévention, les mesures pour lutter contre les maux oraux demeurent faibles. Et l’importance accordée à la santé orale par les population est aussi des plus faibles (Zhu et al., 2005 ; Davies NG, 1991).

L’Organisation mondiale de la sante (OMS) a montré que c’est dans les villes que cette augmentation de la prévalence de la carie dentaire est la plus préoccupante (WHO, 2003). Or, aujourd’hui les pays en développement connaissent une urbanisation sans précédent. Contrairement à ce que l’on retrouve au temps du développement des villes en Europe au 19ème siècle, la croissance des villes des PED ne va pas de pair avec une augmentation des richesses, et, les rythmes de croissance des villes sont bien plus soutenus. Le développement des villes est alors marqué par la naissance de grandes inégalités et un sous équipement en infrastructures sanitaires et sociales.

Notre terrain d’étude est le Laos, petit pays d’Asie du Sud Est. Le Laos présente toutes les caractéristiques d’un pays en développement. Sa population est jeune (41% de la population a entre 0-14 ans), son taux d’accroissement naturel 2.3% demeure élevé en comparaison avec les pays voisins. C’est enfin un pays pauvre avec un Produit Intérieur Brut (PIB) par habitant de l’ordre de 330$ (1720$ PPA) et qui présente de mauvais indicateurs de santé. Ainsi, son espérance de vie à environ 55 ans (53.1-57) et son taux de mortalité infantile élevé, d’environ 88 pour mille, contribuent à son classement, selon l’Indice de Développement Humain, de 135ièmepays sur 173.Le système de soins est sous financé et en crise. Le secteur public est en plein malaise et le secteur privé se développe de façon anarchique dans les zones les plus urbanisées. Ce qui n’est pas sans soulever les questions d’inégalités d’accès aux soins.

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