L’arrivée de Jérôme Salomon au sein de la société privée Zoï remet sur le devant de la scène une question centrale : quelle place donnons-nous réellement à la médecine préventive dans notre système de santé ?
Pour l’ASPBD, ce débat résonne avec plus de vingt ans d’engagement en santé publique bucco-dentaire. La prévention n’est ni un luxe, ni un supplément d’âme : elle est un levier majeur de réduction des inégalités sociales et territoriales de santé. La santé orale en est une illustration emblématique. Nous connaissons les déterminants des pathologies bucco-dentaires, nous disposons d’outils efficaces, et pourtant l’accès à la prévention et aux soins reste profondément inégal.
L’essor d’initiatives privées de médecine préventive interroge. Il révèle à la fois une aspiration croissante des citoyens à anticiper plutôt qu’à réparer, et les limites d’un système public encore trop centré sur le curatif. Mais la prévention ne peut se réduire à une offre réservée à celles et ceux qui peuvent se la payer.
La prévention efficace est collective, territorialisée, inscrite dans le temps long. Elle suppose des politiques publiques fortes, une articulation avec le soin primaire, une reconnaissance pleine de la santé orale comme composante de la santé globale.
Pour l’ASPBD, la question n’est donc pas qui porte la prévention, mais comment garantir qu’elle bénéficie à toutes et tous, sans creuser de nouvelles fractures sanitaires.
La médecine préventive mérite mieux qu’un débat de gouvernance ou de marché : elle appelle un choix politique clair.
